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Le Niger, ses voisins et le reste du monde...

En ce début d’année 2013 mouvementé pour la région ouest africaine, j’ai trouvé important, dans le cadre du lancement de mon cabinet de consultance, livrer quelques analyses sur les possibilités que le Niger a de tirer le maximum de bénéfices au regard des atouts qu’il a su consolider pendant près d’un quart de siècle d’une expérience démocratique agitée.
Ces atouts vont sans nul doute compter dans la définition de notre politique étrangère à venir, et surtout contribuer à la vente d’une image dégradée du Niger dû à la succession de coup d’états durant nos 50 ans d’indépendance.
Nous allons résumer ces atouts en quatre points qui nous paraissent importants:

Le climat politique intérieur

Globalement, le climat politique intérieur du Niger est caractérisé par l’existence de deux blocs politiques, le Mouvement pour la Renaissance du Niger (MRN, la majorité des partis au pouvoir), et l’Alliance pour la Réconciliation Nationale (ARN, l’opposition politique).
Depuis l’accession au pouvoir du président actuellement en fonction, Issoufou MAHAMADOU, aucune crise institutionnelle majeure n’a ébranlé l’équilibre des pouvoirs. Certes l’opposition a plusieurs fois dénoncé la violation de la constitution, mais cela relève plutôt de son obligation d’affirmer sa divergence de vue sur le projet de société du gouvernement en place.
Les rencontres entre le Président de la République et le chef de file de l’opposition, l’existence d’un Conseil National du dialogue politique constituent autant de soupapes qui permettent au Niger de gérer ses contradictions internes sans recours à la violence.
Malgré ce semblant de consensus national, le gouvernement doit faire mieux au niveau de la qualité de la gouvernance, en associant par exemple un autre groupe majoritaire au sein de la société, la jeunesse. En effet, la jeunesse nigérienne ne se retrouve pas souvent dans les politiques publiques, et les seuls postes qui lui sont réservés sont les concours d’entrée dans les forces de sécurité.
La paix sociale passe obligatoirement par la prise en compte des aspirations des jeunes pour couper toute tentation de celle-ci de s’allier à des groupes qui peuvent menacer l’existence même de l’Etat.
Le climat social nigérien est apaisé et cela montre aussi la prise en compte des revendications sociales des différents syndicats. On note une baisse significative des grèves qui paralysaient jadis l’économie et le fonctionnement du pays.
La paix civile a été consolidée sur plus de 50 ans grâce à des politiques volontaristes des différents gouvernements qui ont su mixer les différents groupes ethniques du pays.
La constitution nigérienne reconnait à chaque groupe ethnique, le caractère national de sa langue.
D’autres institutions, telles que, la parenté à plaisanterie, l’encouragement des mariages entre personnes de différents groupes ethniques, la religion musulmane ont permis de brasser la population et empêcher toute tentative d’appel à la haine ethnique ou raciale.

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la sécurité extérieure

Le contexte régional nous oblige à passer en revue ce point, peut être l’un des plus importants.
Avant d’aller loin dans le raisonnement, il faut d’abord lever une énorme injustice qui est en train d’être faite au Niger par les médias internationaux et les pseudos spécialistes du Sahel.
D’entrée de jeu, j’affirme que le « sahel politique», que les médias ont créé n’existe pas. Oui il y a un « sahel géographique ».
Le sahel politique est une création qui a conduit le monde des médias souvent par ignorance à mettre dans le même paquet tous les pays du sahel.
Certes, les situations économiques, géographiques et culturelles de ces pays sont similaires, mais la façon dont les pouvoirs en place ont géré les crises que nous vivons aujourd’hui n’ont pas été les mêmes.
Alors que le Niger avec son passé de pays où les coups d’états sont quasi la règle pour gérer les transitions démocratiques, d’autres pays dans la région vivaient dans une fausse stabilité qui aujourd’hui les rattrapent. Trois voisins du Niger sont aujourd’hui dans l’agonie, une décennie seulement après la fin de la guerre civile algérienne, un autre voisin du Niger. Pourquoi notre pays n’a pas basculé à son tour ?
Au fond, c’est que ce pays est le seul réellement démocratique de tous. De la victoire volée aux islamistes en Algérie, en passant par la guerre déclenchée par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) au Mali, la crise Libyenne, le cas Boko Haram (L’éducation occidentale est interdite) au Nigéria, jusqu’à la guerre actuelle contre le terrorisme au Mali, on peut aisément affirmer que ces drames sont intimement liés soit à des crises de régimes (Algérie), soit à la mauvaise transition démocratique des années 90 au Mali (pays dans lequel tous les partis politiques étaient au pouvoir, donc les contradictions nationales ne sont jamais exposées au sein des instances élues) ou alors la mauvaise foi des politiciens véreux voulant manipuler des fanatiques à des fins électoralistes (Nigéria avec Boko Haram).
Le Niger n’est certes pas un pays hors de cet ensemble, mais il faut quand même saluer la sagesse de sa classe politique, la maturité de son peuple et la loyauté de ses forces de défenses et de sécurité qui n’ont pas cédé face aux multiples trafics juteux qu’elles pourraient faire dans ce vaste Nord.
On peut noter et, sans risque de se tromper, que le Niger certes règle ses transitions par l’intervention de l’armée face à des pouvoirs qui s’accrochent à leur fauteuil, mais que cette option est meilleure par rapport aux autres pays qui vivent dans des démocraties formelles, molles et corrompues qui s’effondrent au moindre choc face à des forces fascistes telles que les islamistes venus du Nord Mali.
Aujourd’hui, le pays est le seul dans la région, malgré trois prises opérées par des groupes terroristes venus du Nord Mali (ce qui est insignifiant comparé à d’autres pays du monde), à contrôler efficacement ses frontières, à sécuriser ses grandes villes et à mettre en place des politiques efficaces pour les populations potentiellement vulnérables aux yeux doux des intégristes. Cela a un coût, et le Niger le paye car la sécurité n’a pas de prix.

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La sécurité énergétique

le Niger fait partie depuis quelques années des pays producteurs de pétrole. Cela a pour conséquence la baisse significative du prix du litre à la pompe, ce dernier est le plus bas de la sous région ouest africaine.
Malgré tous ces efforts, l’énergie coûte cher au Niger, et la seule façon pour une économie de s’en sortir efficacement est d’avoir une énergie à bas prix, ce qui va rendre verts tous les autres domaines de la vie économique et sociale.
Aujourd’hui encore le Niger est dépendant en énergie, la société d’électricité n’arrive pas à fournir l’énergie nécessaire pour l’économie du pays. Le gouvernement doit revoir totalement la politique énergétique nationale si elle existe, et, si elle n’existe pas il faut la définir vite, car le pays est en mouvement.
A côté du pétrole, le pays est aussi un géant d’uranium, même si la technologie de ce minerai n’est pas encore maîtrisée localement. Les autorités doivent avoir des politiques de formation de cadre dans ce domaine à travers des investissements à long terme pour doter le pays des ressources pouvant un jour maîtriser la technologie de l’uranium et du pétrole.

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Les relations économiques avec le reste du monde

Aujourd’hui avec la situation interne de beaucoup de ses voisins, le Niger est vu comme un exemple de stabilité malgré les multiples menaces qui planent sur sa sécurité intérieure.
Les autorités doivent largement profiter de cette image et se positionner en interlocuteur privilégié des partenaires européens et asiatiques dans le cadre des relations politiques et économiques que ces partenaires sont en train de remodeler en Afrique de l’ouest. En étant la plaque tournante de tous les investisseurs et autres diplomates de passage dans la région, le Niger peut espérer profiter des avantages en matière d’image extérieure, d’emploi et de retombées financières pour son économie.
L’argent que le gouvernement met pour stabiliser le pays doit provenir de cette bonne image et de cette réputation que l’on a aujourd’hui.
On peut d’ores et déjà encourager le gouvernement actuel qui a ouvert ses portes aux Turcs en invitant leur Premier ministre en visite officielle dans au Niger.
L’Asie est vaste, l’Asie est riche et l’Asie va compter dans les cent ans qui viennent, nous avons tout intérêt à consolider nos relations avec ce continent, tout en renforçant nos liens traditionnels avec l’Europe et l’Amérique qui restent et vont demeurer nos partenaires privilégiés dans le cadre politique, économique.

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En conclusion

j’invite tous ceux qui auront à lire cet article de m’envoyer leurs appréciations et leurs apports (ange.chekaraou@cabinet-lssc.com). Quant aux investisseurs qui veulent tenter l’expérience nigérienne, je vous invite à venir visiter ce beau pays. La sécurité est garantie grâce à nos vaillantes forces de défense et de sécurité mais surtout à la population qui a rejeté le terrorisme sous toutes ses formes et accompagne son gouvernement dans la lutte implacable qu’il mène contre ce fléau.
Le Niger et son peuple vous attendent.

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LSSC - Amadou Ange CHEKARAOU BAROU - +227 96 42 71 94 - ange.chekaraou@cabinet-lssc.com